Retraites : le choix de la solidarité
8 février 2010

Tribune de Benoît Hamon et Henri Emmanuelli parue ce jour sur Médiapart.
En France, la retraite tend à n’être plus considérée comme un nouvel âge de la vie libéré du travail, mais comme une entrée en précarité. Avec une constance et une pugnacité exemplaires, la droite et le MEDEF mettent en scène cette dramatisation qui engendre chez les salariés, notamment chez les plus jeunes, un manque de confiance grandissant envers notre système de retraite par répartition. Un système auquel les mêmes salariés se déclarent pourtant fortement attachés, comme d’ailleurs à toutes les autres formes de solidarité.
La rengaine selon laquelle il n’y aurait qu’une « solution de bon sens » et une seule, à savoir que « chaque salarié mette la main à la poche », fait son chemin. Elle n’est pas sans rappeler le funeste « there is not alternative » de Margaret Thatcher des années 80. Pour faire bonne mesure, on accuse de dogmatisme ceux qui osent encore prétendre que l’on peut pérenniser la retraite par répartition et conserver à 60 ans l’âge légal du départ en retraite. Malhonnêteté intellectuelle, qui consiste à mettre un point final à tout débat par un mot détourné de son sens — ici « dogme ». Car en matière de retraite, il ne s’agit pas de dogme mais d’un choix de société. Pour la gauche, pour le camp du progrès, la retraite est un nouvel âge de la vie, qui doit être émancipateur et non synonyme de précarité. Pour que toutes et tous puissent la vivre ainsi, elle ne peut donc être envisagée qu’à travers un système solidaire. Et au xxie siècle, dans le monde tel qu’il est, cette solidarité est possible. À condition – et c’est là que le bât blesse – de redistribuer autrement les richesses. C’est, répétons-le, un choix de société, un choix politique fondamental, à l’opposé de celui de la droite et du MEDEF dont l’objectif est de baisser le montant des retraites pour remettre en cause le système par répartition, comme préconisé par le FMI dès les années 90. Par le biais de la peur, le gouvernement incite donc les salariés à accepter des réformes qui les conduiront à souscrire des fonds de pension et à alimenter ce faisant la financiarisation de l’économie, dont ils seront, comme on vient de le vivre, les principales victimes.
Il n’y a là aucune surprise. Tout cela était déjà clairement exposé dans le programme du candidat Sarkozy. La crise a pourtant discrédité le système par capitalisation que la droite voulait introduire dans notre pays. Quant aux réformes Balladur (1993) et Fillon (2003) qui ont allongé la durée des cotisations et aligné, au nom de l’égalité, le système de retraite des fonctionnaires sur celui du privé, certains « pragmatiques de gauche » les trouvait opportunes. Elles ont lamentablement échoué. Un million de retraités vivent actuellement sous le seuil de pauvreté. La moitié des retraités français qui prennent aujourd’hui leur retraite perçoivent moins de 1000 € par mois. 600 000 personnes touchent le minimum vieillesse qui s’élève à 677€ mensuels. Avec 40% d’écart dans le montant des pensions, l’inégalité entre les hommes et les femmes est toujours aussi criante.
Quant au taux d’activité des seniors, que prétendait régler la réforme Fillon, il demeure en France le plus faible d’Europe — 38,1% contre 70% en Norvège par exemple. Ainsi, tant dans le privé que dans le public, 60% des personnes qui liquident leur retraite à 60 ans sont inactives. Telle est la réalité : en France aujourd’hui, l’âge réel de la cessation d’emploi est de 58 ans. Non par choix des salariés, mais parce que les entreprises se détournent des seniors au prétexte qu’ils seraient moins productifs — au prétexte surtout qu’ils coûtent plus cher qu’un jeune. Allonger la durée de cotisation, notamment en temps de crise et de chômage, aggraverait donc la baisse du taux de remplacement (niveau des pensions) et la précarité des retraités.
Pour peu que l’on accepte d’en débattre dans le camp du progrès, d’autres solutions sont possibles qui tiennent compte de l’évolution démographique et de l’espérance de vie, mais sans en faire des alibis de la destruction de notre système par répartition. D’autant qu’en la matière, les prévisions se sont avérées aléatoires. Ainsi le Conseil d’Orientation des retraites (COR) qui avait établi des projections à l’horizon 2040 les a révisées en 2007, compte tenu de l’évolution démographique favorable de notre pays. S’il ne faut pas bannir les projections, il convient de les manier avec prudence et surtout de ne pas occulter un facteur essentiel à tout débat sur les retraites : les ressources. Or certaines d’entre elles sont soigneusement écartées des discussions. Ainsi de l’augmentation des salaires et du chômage qui pèse lourdement sur le financement des régimes de retraite : un point de masse salariale globale correspond à 2 milliards de recettes supplémentaires pour le régime général. L’amélioration de l’emploi et l’augmentation des salaires, adossés à une politique économique qui relance le pouvoir d’achat et impulse les investissements porteurs d’avenir, seraient d’importants générateurs de ressources.
De la même façon, il faut prioritairement élargir l’assiette des prélèvements et taxer les revenus financiers.
Enfin, une autre piste nous semble intéressante à explorer. Selon les prévisions les plus pessimistes du COR (celles de 2003), une augmentation de 0,37% par an des cotisations sociales (à répartir entre cotisations salariales et patronales) à l’horizon 2040, permettrait d’équilibrer le système sans réduire le taux de remplacement ni allonger la durée de cotisation. D’après un sondage IPSOS, les Français sont prêts à cotiser plus, plutôt que de travailler plus longtemps. Aux opposants à cette piste qui ressassent que cela induirait une augmentation du coût du travail préjudiciable à l’emploi, on peut aisément rétorquer qu’il n’existe aucun lien macroéconomique avéré entre le coût du travail et l’emploi.
Si toutefois la hausse des cotisations retraites était de nature à peser sur la santé des PME, il est possible d’en atténuer les effets. D’une part à travers une réforme des cotisations patronales, assise sur la valeur ajoutée, afin de favoriser l’emploi dans les PME riches en main d’œuvre. D’autre part à travers une réforme de l’impôt sur les sociétés modulée pour alléger l’impôt des PME — en fixant un taux majoré applicable aux bénéfices distribués aux actionnaires, et un taux minoré pour les bénéfices réinvestis.
Seule une véritable volonté politique qui ose lever le tabou de la répartition des richesses peut prétendre pérenniser le système par répartition. Le débat sur les retraites est un débat entre deux modèles de société. Celui de la droite et du Medef face à celui du camp du progrès. La gauche ne doit jamais l’oublier.







Black Jack
10 février 2010 à 20:47
Une part importante du manque de financement des retraites est liée au chômage. Ce point est passé complètement sous silence dans cet article. J y vois 2 raisons possibles : soit le PS comme le gouvernement actuel pense qu il n y a rien a y faire et qu’il va falloir vivre avec 15% de chômeurs soir le PS n a aucune idée pour régler le problème. J ose espérer qu’aucune de ces 2 hypothèses n’est vraie. Combien de temps encore les chômeurs devront ils attendre pour que le PS leur donne une petite idée de ce qu’il propose pour reconstruire l’emploi industriel en France. Il est évident que ce ne sont pas les vieilles lunes telles que les 35H et les emplois de fonctionnaires qui vont permettre de revenir a un niveau d emploi industriel correct.
Nico Calibre
11 février 2010 à 16:20
« Passé complètement sous silence » ? Black Jack, vous devriez relire le cinquième paragraphe de la tribune.
n
Black Jack
12 février 2010 à 12:17
Le chômage est effectivement évoqué sans pour autant donner la moindre piste de solution. Mais puisque je viens de relire l’article, je note l’entonnant commentaire :
« on peut aisément rétorquer qu’il n’existe aucun lien macroéconomique avéré entre le coût du travail et l’emploi »
C’est effectivement vrai pour les emplois de fonctionnaires ou agents des collectivités par contre Mons Hamond a t il entendu parler des délocalisations et de la mondialisation ? Il doit penser que les emplois industriels ne sont delocalisés en Chine que pour permettre aux produits manufacturés de voyager ! A moins que pour lui, comme pour beaucoup de politiques, la bataille de l emploi industriel est définitivement perdue et que donc il n y a plus de probleme……..Dramatique !!
jpp
12 février 2010 à 13:02
Pourquoi faudrait-il que la génération du baby boom porte le poids du problème de la retraite par répartition, alors que les générations précédentes ont eu la chance de profiter des trentes glorieuses : pas de chômage, un ascenseur social sans précédent, et maintenant des retraites en majorité correctes que nous leur payons par prélèvement sur nos salaires.
Il y a là une injustice intolérable et je ne parle pas de la génération qui suit frapper par le chômage de masse.
Morzadec
15 février 2010 à 16:59
Bonjour. Je suis un peut étonné de ne pas entendre parler du plafond des cotisations. en 1945 il y avait 1% de cadres ils sont peut être maintenent 30%. Or la solidarité c’est que chacun cotise suivant ses revenus. Cequi feriat de très grosses rentrées en plus. Je sais qu’ils ne percoivent que suivant leurs cotisations on ne peut pas les payer suivant leur versement il suffirait que pour tout le monde pour une année de travail la retraite soit égal pour tous. J’entends souvent parler de modernité cette mesure serait vraement moderne. bon courage.
SOURIRE
8 mars 2010 à 20:33
Je voudrais avoir plus d’explications sur l’idée de Mr HAMON SUR LA MISE EN TUTELLE par le futur gouvernement de gauche DES ENTREPRISES QUI DELOCALISERAIENT l’emploi en France ???
- Parle t’il uniquement des entreprises françaises ???? ou aussi des entreprises à capitaux étrangers comme continental ???
- En quoi constituerait cette mise sous tutelle ???
Quelles sont les principales mesures ???
Merci pour votre réponse
Raymond Hottin
31 mars 2010 à 21:06
Bonsoir cher camarade
Avant de mettre ce message à la corbeille je te demande de DE LE LIRE STP
Tout le monde est concerné pour les retraites,la solution qui suit n’est jamais mise en avant,surement parce que les décideurs ont des salaires élevés
Le gouvernement veut prendre comme exemple pour l’age de la retraite celui de nos voisins, mais le raisonnement ne peut être le même
L’Allemagne a repoussé l’age de la retraite à 67 ans, nous devons les suivre
Cette affirmation est fausse.L’Allemagne est dans une situation plus difficile car un taux de natalité à 1.41 contre 2 en France.
elle n’assure pas le remplacement des départs en retraite par ses jeunes,d’ou l’obligation de faire travailler. plus tard.En France cela aurait l’effet contraire,augmenter le chômage des jeunes
Repousser l’age de la retraite n’est pas une solution équitable il existe une solution simple
Prenons notre bulletin de salaire et regardons la ligne vieillesse au taux de 6.65%(cotisation salariale)
Que veut dire plafonnée?tout simplement que notre cotisation sera calculée sur un maximum plafonnée à 2885E brut( plafond de la sécurité sociale)en 2010
Exemple
Pour un retraité au SMIC(1344euros)une cotisation sera calculée sur l’intégralité de son salaire(1344*6.65%°environ 89
euros
Pour un salarié qui perçoit environ 4000euros comme près de 10% de la population active cette cotisation sera calculée non pas sur l’intégralité de son salaire mais sur le plafond de la sécu soit (2885*6.65%°environ 192euros
Pour un salarié qui perçoit 10000 euros (comme près de 1% de la population active, cette cotisation sera calculée non pas sur l’intégralité de son salaire mais sur le plafond soit 2885*environ 192 euros
Donc le pourcentage du smicard cotise 6.65% alors que notre salarié à 4000 euros cotise 192/4000 4.80%?pour un salaire de 10000 euros par mois le taux descend à (192/10000) 1.92%
De plus quand le smicard prendra sa retraite la caisse d’assurance vieillesse lui versera une pension de 690euros mois ,alors que notre salarié à 4000euros sera proche du double .
Ce mode de calcul n’est ni équitable et encore moins solidaire.Quelle est cette société qui accepte que les hauts salaires participent le moins à la solidarité Nationale?
La solution est donc que cette cotisation salariale de 6.65%5payée par les salariés) soit calculée sur l’ensemble du salaire brut,comme la cotisation maladie
Cette solution n’entraineraient pas une baisse du pouvoir d’achat pour les 70% de la population qui touche moins de 2885 euros mois,leur cotisation restant la même
Mais pour le salarié qui perçoit 4000 euros mois cela ferait une baisse du pouvoir d’achat de 74 euros mois,et pour un salarié qui perçoit 10000 eurosmois proche de 473 euros mois
Le calcul généralisé aux 30% de la po^pulation active au dessus du plafond de la sécurité sociale permettrait de récupérer entre 10 et 15 milliards (d’euros)
La problématique est identique pour la cotisation patronale vieillesse de 8.30% plafonnée elle aussi ,mais en luin appliquant cette réforme cela augmenterait le coût du travail et rendrait nos petites entreprises moins compétitives, ce qui n’est pas envisageable
Les prévisions du déficit de la CNAV pour 2010 étant de 8 milliards ,cette réforme permettrait d »être en excédent de 3 à 7 milliards et sauver la retraite à 60ans
En allant plus loin rien n’empêcherait un gouvernement d’utiliser l’excédent pour augmenter les petites retraites
Réduire la cotisation des petites entreprises pour faire baisser le coût du travail Abonder les fonds de resserve pour les retraites
R2duire les cotisations pour les professions en danger (agriculteurs ,éleveurs petites et moyennes entreprises
Ce choix permettrait à n’importe quel gouvernement une réforme populaire pour une majorité de nos cpncitoyens
Le choix est donc simple ,cotiser de manière équitable et sauver les retraites à 60 ans ou laisser ceux qui ont les revenus les plus faibles financer la part la plus importante de la retraite sécurité sociale
Deuxième proposition
Pourquoi toujours vouloir stigmatiser une catégorie de français contre une autre ??
Et pourquoi tirer toujours vers le bas ?
Depuis des années, une incroyable campagne d’intoxication sur les retraites est en cours pour faire accepter à l’opinion publique un recul social majeur aux conséquences considérables pour les générations présentes et à venir.
Le passage aux 40 ans pour les fonctionnaires ne serait en fait qu’un nouvel encouragement à continuer dans le privé, vers les 45 annuités que demande le Medef. L’objectif d’un passage à 40 annuités pour les fonctionnaires est clair : il s’agit de s’attaquer au statut des fonctionnaires et de faire sauter un verrou qui permettra d’imposer à tous, et d’abord au secteur privé, une nouvelle augmentation de la durée de cotisation.
Il s’agit donc de savoir quelle répartition des richesses est souhaitable. C’est avant tout un problème politique.
Financer les retraites, c’est possible !!
- Étendre l’assiette du calcul des cotisations
On appelle « assiette » la référence qui permet le calcul des cotisations sociales. Il s’agit, en France, de la masse salariale pour les employeurs et des salaires bruts pour les salariés.
L’idée est d’élargir cette assiette en tenant compte des bénéfices distribués et des profits financiers. Les entreprises ayant les bénéfices les plus élevés auraient donc des taux de cotisations plus élevés que les autres.
- Augmenter les cotisations
L’augmentation des cotisations patronales est le moyen le plus simple pour rééquilibrer la part des salaires dans la valeur ajoutée en vue de financer les retraites.
Au total, avec un taux de remplacement maintenu, le retour pour tous à 37,5 années de
cotisations, l’indexation sur les salaires et non sur les prix, 18,5 % du PIB sont nécessaires, soit environ 6 points de PIB à trouver sur 40 ans.
Pour couvrir cette évolution, une augmentation de 15 points du taux de cotisation lissée sur 40 ans suffirait. Cela représente en moyenne une augmentation des cotisations de 0,375% seulement par an pendant 40 ans. Il est difficile d’affirmer qu’une telle augmentation serait insupportable pour l’économie française.
Une augmentation des cotisations salariales doit aussi être envisagée si nécessaire, mais celle-ci ne pourrait avoir lieu qu’une fois le rééquilibrage de part des salaires dans la valeur ajoutée effectué.
Avant de faire ces propositions à mon syndicat je préfère que mon parti en fasse un bon usage
En attente de TA réflexion reçois cher camarade mes cordiales salutations
Raymond Hottin
Modeste militant d’une petite section mais aussi responsable syndical ,avec des dossiers retraites à traités ,ce qui n’est pas facile quand ont sait que des retraités ayant travaillés toute une vie perçoivent 800 euros mois ,avec l’impossibilité de se mutualiser et de se nourrir décemment
Notre parti est dans une bonne dynamique,continuons ,mais il va vous falloir être à l’écoute des petits militants comme moi
Guillaume
2 avril 2010 à 15:06
Les déclarations d’intention de Monsieur Hamon, c’est du verbiage d’étudiant de sciences (pi)po :
Augmenter les salaires, augmenter les cotisations tout les ans…..c’est du discours irresponsable de bon petit politicien (qui vit grassement de la politique depuis le début de sa carrière) et qui ne connait pas grand chose à l’économie concrète……
Si vous souhaitez faire fuir les entrepreneurs et autre gens qui apportent un peu de dynamisme dans notre pays monolithique, continuez à raconter des conneries aussi grosses que la dette ….
Vous trompez les petites gens en leur faisant croire qu’on va pouvoir résoudre des problèmes difficiles en claquant des doigts, et surtout, ce que je trouve particulièrement malhonnête, vous stigmatisez les « riches » et les entrepreneurs (les patrons), aussi grossièrement que M. Le Pen stigmatise les immigrés.
Je vous remercie M. Hamon car vous me faites rire à chacune de vos interventions, Continuez ainsi…….
PS : Concernant les retraites, si l’Etat payait les mêmes cotisations sociales pour les fonctionnaires que les employeurs lambda , les déficits du régime des retraites serait peut être moins grand.
Cyril de CROIX
12 avril 2010 à 23:02
Me positionnant à droite de la gauche, je comprends pourquoi je n’ai pas voté PS, mais UMP puis Europe Ecologie aux dernières élections. En effet, en écoutant Benoït Hamon ce matin sur Europe ou RTL, et le lisant ce soir : quelle démagogie et retour aux plus belles années de l’Internationale Socialiste.
Comment effectivement faire payer les entreprises sans les faire fuir encore (nous avons déjà perdu des gros groupes hexagonaux qu’étaient à l’époque Pichiney ou Usinor Sacilor futur Arcelor) ?
Mise sous tutelle et autre imposition spécifique, c’est mal connaître l’économie de marché et surévaluer le pouvoir de l’Etat…
Fanfan
15 avril 2010 à 14:20
Nous entendons beaucoup les hommes politiques donner leur avis sur la réforme de la retraite, dernièrement Benoît HAMON, mais je n’entends aucun remettre en cause le cacul des retraites de nos hommes politiques (exemple députés européens) Montrez nous l’exemple … ce serait pas mal que la durée de cotisations, le mode de calcul soient identiques pour tous les français.
surmely alain
8 mai 2010 à 23:17
« Les caisses de l’Etat sont vides » : voyons d’un peu plus près ce qui signifie (et cache) cette affirmation.
I) Le coût de la dépendance de l’Etat vis-à-vis des marchés financiers + l’injustice fiscale = 190 Milliards d’euros de manque à gagner par an
-Le montant de la dette publique publique était,suivant des sources fiables,à la fin de l’année 2009 de 1489 milliards d’euros,soit 77,6 % du PIB(soit les 3 /4 des richesses produites annuellement par la France).Depuis 1980 l’Etat français a versé aux marchés financiers plus de 1150 milliards d’euros d’intérêts et continue à verser annuellement à ces organismes financiers 50 milliards d’euros au titre des intérêts de la dette.Ces 50 milliards correspondent à ce que l’on appelle la charge de la dette(intérêts seuls)tandis que 30 milliards sont versés au titre du capital remboursé.La charge de la dette est le 2 ème poste budgétaire de l’Etat.
-L’Etat n’étant plus autorisé depuis 1973 à emprunter auprès de la banque de France,bien qu’elle soit propriété de l’Etat,et ne pouvant pas davantage emprunter à la Banque Centrale Européenne(depuis les accords de Maastricht de 1992)doit recourir également à des institutions privées,aux marchés financiers afin de financer ses besoins(investissements,frais de fonctionnement..etc).Ces établissements financiers-banques,organismes de crédit-créent ou émettent alors de la monnaie et demandent à leur créancier-à savoir l’Etat français-de leur verser,en sus du capital remboursé,des intérêts qui s’élèvent annuellement à 40 milliards d’euros(300 milliards d’intérêts annuels versés aux banques privées dans la zone euro),selon les calculs et chiffres avancés par la très sérieuse étude dûe à André-Jacques Holbecq et Philippe Derudder(La dette publique,une affaire rentable.A qui profite le système ? Ed. Yves Michel, 2008).
-C’est donc toute la collectivité domiciliée en France qui est contrainte de supporter le poids de plus en plus lourd de cette dette,à payer les frais liés à la dépendance de l’Etat vis-à-vis des marchés financiers.Le coût de cette dépendance s’élève annuellement à 90 milliards d’euros,l’Etat français ayant perdu le monopole(droit régalien par excellence)de l’émission monétaire,ce rôle étant dévolu à des institutions privées(pour l’essentiel)et l’Etat ne pouvant emprunter ni auprès de la banque de France ni auprès de la BCE les traités européens l’interdisant expressément.
-A cette dépendance vis-à-vis des marchés financiers il faut ajouter un ensemble de mesures ou pratiques dûes à des particuliers ou sociétés privées qui relèvent de l’injustice fiscale.Ainsi,on estime(là encore nous en sommes réduits à des estimations mais les ordres de grandeur restent tout-à-fait significatifs)à 50 milliards d’euros le manque à gagner dû à l’évasion fiscale(pour échapper au fisc,à l’impôt)chaque année.Les niches fiscales(un ensemble de dispositions qui relèvent presque toutes de l’inéquité quand ce n’est pas l’injustice la plus inadmissible)représentent,à ce jour,un manque à gagner,pour l’Etat,de 50 milliards d’euros par an.Le « bouclier fiscal »,contrairement à certaines idées reçues,ne fait perdre à l’Etat, « que » 600 millions d’euros par an.Mais la symbolique dont il est porteur est très significative :l’Etat envoie des chèques aux montants non dérisoires,au nom du Trésor Public,à des gens déjà très riches.
II) Mettre fin à la dépendance de l’Etat vis-à-vis des marchés financiers + mettre fin aux privilèges fiscaux = dette publique réglée en un peu plus de 5 ans malgré une conjoncture économique défavorable
L’ensemble des dispositions-datant pour certaines des années 1970-et contraintes détaillées ci-dessus permettent d’estimer à 190 milliards annuels le manque à gagner,pour les finances publiques :dépendance vis-à-vis des marchés financiers pour moitié,l’autre moitié étant imputable à l’inégalité des Français devant l’impôt ou,si l’on préfère,à l’injustice fiscale.On peut pourtant estimer à environ cinq ans le temps nécessaire à l’Etat français pour régler la question de la dette publique.Pour ce faire,l’Etat doit tout d’abord reprendre le contrôle de l’émission monétaire-via la nationalisation des banques/organismes de crédit et la remise en cause des traités européens-afin de s’affranchir des marchés financiers.Les marchés financiers sont en train d’étrangler l’Etat français(ainsi que d’autres Etats)au moyen de l’explosion de la dette publique.Ensuite,il convient que l’Etat français mette un terme à ce que l’on peut appeler des privilèges fiscaux.Ces privilèges fiscaux sont,certes,un forme efficace de clientélisme électoral et une excellente méthode pédagogique inculquant l’incivisme comme la haine de l’intérêt général et de la patrie mais ils font désormais courir à la France des risques qu’il conviendrait de ne plus dissimuler à la population.En effet,le manque à gagner,que l’on peut estimer globalement à 200 milliards par an,actuellement supporté par l’ensemble de la population(sans-papiers compris)a fait exploser la dette publique et sa croissance est continue.Les efforts demandés à la population,encore récemment,ne suffiront pas à enrayer la croissance de cette dette.Il n’y aura pas le compte.Donc,il est prévu d’allonger la durée du travail,c’est-à-dire la durée des cotisations retraite,en repoussant l’âge de départ à la retraite,les salaires des fonctionnaires resteront bloqués,l’emploi sera davantage précarisé afin de satisfaire les exigences des entreprises elles-mêmes dépendant des établissements financiers auxquels elles versent des intérêts,l’ensemble des dépenses publiques seront encore diminuées(baisse des crédits pour l’éducation,la recherche,vente du patrimoine de l’Etat ..etc) car rendues responsables de la dette publique.Les dépenses publiques viennent d’ailleurs d’être gelées jusqu’en 2013.Il n’y aura toujours pas le compte étant entendu que la croissance,suivant les anticipations/estimations produites par des organismes tels que l’OCDE,sera presque nulle.Ansi,il sera nécessaire de faire appel au Dr Strauss-Khan qui,comme chacun sait désormais,est un expert pour appliquer la méthode du garrot.
Un citoyen français qui a pris quelques heures pour voir d’un peu plus près ce que l’on entendait par « dette publique » et les moyens permettant de la régler à moins que la disparition de l’Etat ne soit déjà programmée.
VERCHERE
18 mai 2010 à 20:25
Je voulais vous soumettre une idée afin de permettre un financement équitable des systèmes de retraites.
En effet depuis de nombreuses années; nous perdons des centaines de milliers d ‘emplois industriels ou de services , soit en délocalisation, mais surtout par le remplacement des salariés
par des robots, distributeurs divers, industriels ou autres , qui de plus ne sont pas fabriques en France.
Ces machines certes allègent les tâches humaines, mais continuent à produire de la valeur 24 h sur 24, sans participer au financement de notre système social, alors que ces machines sont amortissables au bilan des entreprises,laissant des millions de personnes sur le carreau.
Ce phénomène ira en s’amplifiant,surtout si la pression s’ accroit sur les personnes qui travaillent, diminuant d’autant la taille du gâteau.
Ne pourrait-on pas faire participer ces substituts des salariés à l effort National ?
Je pense que vous pourrez prendre en considération, ces arguments qu’il me semble ne pas avoir entendu parler depuis longtemps .
gele
5 juin 2010 à 11:45
Retraites, une réforme à venir ! Non une réformette.
Le rapport du COR « oublie » courageusement, tous comme nos politiques, les régimes « spéciaux » ! Les régimes des fonctions publiques! Régimes qui cotisent peu et touchent plus 50 % des retraites pour 20 % de bénéficiaires. 60 % des déficits c’est eux ! Egalité équité ……..
Un combat pour l’équité que les syndicats oublient eux aussi ! Pas question d’y toucher, à leurs acquis, cela fâcherait … Le passage à un régime unique pour tous les Français est la condition indispensable d’un retour à l’équilibre pour un système qui est plombé par les privilèges des uns, les bonifications des autres.
La solution c’est égalité totale : Assiettes de cotisations, employeurs-salariés! Taux de cotisations ! Durée de carrière! Et bien sûr prestations finales.
La vérité, au fond, chacun la connaît. Les syndicats et le patronat, la gauche et la droite. Les débats à la télévision et dans les médias sont affligeants. Les responsables qui gouvernent sont tétanisés par la peur, ne disent pas la vérité aux français, notamment à la sphère publique. Les gauches ne vénèrent que le veau d’or de la taxation des « riches » . Hélas ce n’est pas seulement dans la poche des « riches », ni dans la taxation des capitaux, que l’on trouvera les 30/50 milliards qui manqueront en 2015/2025.
Enfin, qu’il est absurde de continuer, par pure idéologie, à fermer la porte à un % libre de capitalisation.
La solution c’est bien l’égalité totale public/ privé, Cela a l’horizon de 2015/2025. un calcul des droits par point cotisé, La retraite à 64/65 ans, la baisse lente et mécanique des pensions, l’augmentation modérée des cotisations, et 41/42 ans de cotisation pour une retraite à taux plein. Avec un système de sur-côte et de décote unique.
En France on ne dit pas « privilèges » mais « régimes spéciaux »
le ps et l’égalité; votre avis
.
SALOQIN
5 septembre 2010 à 18:28
Bonjour,
A l’université d’été d’un monde d’avance, n’oubliez pas l’année prochaine d’inviter le Parti de Gauche, surtout si c’est pour parler des retraites…parce que sur les marchés, ceux qui tracts sont plutôt PG et NPA que PS…
A bon entendeur si ce mail est publié
foucault
8 septembre 2010 à 23:47
bravo pour vos commentaires sur les menteurs qui nous gouvernent et qui veulent la peau des salariés sur le dossier des retraites
il faut repenser le dossier des retraites en y associant les revenus de ces messieurs le entrepreneurs et les revenus des entreprises et du capital c’est indispensable
pourquoi seulement les revenus des salariés?
et faire un plan pour les jeunes qui n’en peuvent plus de ne pas pouvoir travailler car c ‘est eux le futur de nos retraites sinon le probleme ne sera que repoussé chaque année
merci et bravo Benoit vous etes implacable et solide et cela gene la droite ,c est evident ,continuez vous etes pour moi la future figure du ps.
alexandra foucault 53 ans
Carolanne
16 septembre 2010 à 01:06
Les femmes sont toujours laissées pour compte. Avec les carrières à temps partiel, les arrêts pour grossesses, elles n’ont ni les annuités ni les points suffisants. Les temps changent mais les carrières sacrifiées sont toujours pour elles.
Le partage des points de retraite au prorata des années de vie communes existe dans de nombreux pays, Allemagne, Royaume-Uni, Suède, Canada… cela pourrait éviter que des milliers de femmes ne se retrouvent dans la pauvreté tandis que leurs ex-conjoints bénéficient de retraites très larges.
Pourquoi ce débat ne s’ouvre-t-il pas ?