Benoît Hamon - Porte-parole du Parti Socialiste
Benoît Hamon Benoît Hamon

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Chat de Libération

29 septembre 2008

Benoît Hamon était cet après midi l’invité du chat de Libération.fr

Retrouvez toutes ses réponses à vos questions.

bruno75 : Vous êtes député Européen élu dans la région du Grand Est depuis 2004. J’ai 3 courtes questions pour vous: 1- Résidez-vous dans votre région d’élection 2-Faites-vous des comptes-rendus de mandat réguliers (1 par an) dans votre Région? 2-Quel est votre niveau d’assiduité au Parlement Européen?

Benoit Hamon : Non, j’habite Paris, comme vous le savez doute, d’ailleurs.Je fais bien plus d’un compte rendu de manda par an, parce que ma région en comporte cinq admistrative, l’Alsace, la Lorraine, Champagne Ardenne, la Bourgogne et la Franche comté. Je réalise donc à la demande d’élus, d’associations, ou du parti socialiste de nombreux compte rendu de mandat, sur le terrain. Par ailleurs, j’actualise très régulièrement mon blog Benoît Hamon sur l’actualité parlementaire euroépenne. Mon taux d’assiduité en séance plénière est de 82%, mon taux de présence en commission doit être équivalent, mais cela n’est mesuré hélas nulle part, et je trouve par ailleurs totalement surréaliste qu’on mesure la qualité du mandat d’un député européen à son taux de participation à des séances plénières, où il se contente, au mieux, de lever et baisser la main, le travail parlementaire se fait en commission, et dans les groupes politiques.Il n’y a hélas aucun commentateur « avisé » de la vie politique européenne pour évaluer le véritable travail des parlementaires européens.

Votre pseudo : Menenchon et Emmanuelli font partie de vos soutiens . Pensez-vous qu’ils vont vous aider à convaincre une majorité de militants du PS

Benoit Hamon : Je l’espère, et je tire une certaine fierté à être le premier à fédérer toute la gauche du parti socialiste autour d’une même motion, ce qui n’a pas de précédent depuis 1971. J »‘apprécie peu qu’on continue à faire de ces deux dirigeants des épouvantails, là ou l’un comme l’autre, ils avaient avec quelques années d’avance indiqué la crise inéluctable à laquelle nous conduisait la financièrisation du capital. J’aimerais qu’on se souvienne aujourd’hui que ceux que l’on présentait comme des archaïques, il y a quelques semaines encore, viennent de donner un sacré coup de vieux à tous les modernes bien pensants, qui professaient les bienfaits du tout marché, et la nécessité pour la gauche de se « moderniser »de toute urgence.

samy : La dérive démocrate et libérale du ps semblant bien engagée, le npa marquant par ailleurs une réelle ouverture militante par rapport à la lcr, le npa peut-il à l’avenir être un allier important sur le plan électoral ou au moins dans le mouvement social?

Benoit Hamon : Je pense que pour commencer cette dérive du parti socialiste a de forte chance (heureusement) d’être interrompu à l’occasion du Congrès de Reims, tout plaide aujourd’hui en faveur d’un retour de l’Etat, d’un retour de la régulation, de restriction au libre échange et d’une nouvelle répartition des richesses entre le capital et le travail. Je n’ai pas d’ennemi à gauche, le NPA aura toute sa place à la table des discussions de la gauche, dès lors qu’il lèvera un préalable: qu’il accepte de gouverner

comaloga : Nous savons malheureusement que vos idées ne sont pas majoritaires au sein du PS; pourquoi ne faites vous plus équipe avec Laurent Fabius ?

Benoit Hamon : Parce que Laurent Fabius a fait un autre choix, celui de soutenir Martine Aubry.Un choix respectable par ailleurs. Et je suis persuadé que notre résultat sera bien supérieur à ce que le petit murmure médiatique souhaite ou prétend.

boissonzyskind : Pourriez vous (le NPS) participer à une synthèse avec des courants qui envisageraient une alliance avec le Modem ?

Benoit Hamon : Non.Je pense qu’il est aujourd’hui absurde d’envisager cette alliance, absurde d’un point de vue électorale: Français Bayrou veut être qualifier au second tour des élections présidentielles, et pour cela il a besoin d’un parti socialiste divisé et affaibli.

Et absurde d’un point de vue politique: le numéro deux du Modem monsieur Peyrelevade vient récemment de proposer ses solutions pour sortir la France de la crise. Il propose de transférer cinq points du PIB des ménages vers les entreprises. L’exact contraire des orientations économiques de soutien au pouvoir d’achat des ménages que les socialistes défendent.

S’allier avec le Modem supposerait des compromis politiques, si certains socialistes veulent construire des compromis sur ces bases-là, c’est qu’ils sont irresponsables.

109 : L’alliance historique de la Gauche du PS mériterait de « faire plus de bruit », la motion « Un monde d’avance » d’être aussi souvent citée dans les médias que les autres motions. D’autre part, vous êtes candidat au poste de Premier Secrétaire du PS. Envisagez-vous un grand rassemblement national, peut être pas au Zénith et sans Hervé Villard (SVP), mais un grand rassemblement ?

Benoit Hamon : Pourquoi pas Hervé Villard? Plus sérieusement, je pense aujourd’hui que ce type de grand messe qui sacrifie beaucoup au culte de la personnalité, nous éloigne du débat politique, c’est pourquoi parce que nous n’avons pas les moyens de nous offir le Zénith, et parce que nous avons besoin d’approfondir nos réponses, nous préviligierons des rassemblements thématiques, sur l’Europe, sur les solidarités urbaines, la jeunesse, les réponses à la crise financière internationale, le réchauffement climatique, etc…

lulu44 : vous etes ave montebourg et peillon présenté comme l’un des fondateurs du nps. votre audience semble pourtant en deçà de vos compères ayant quitté le navire. avez vous une explication?

Benoit Hamon : Je bénéficie d’une couverture médiatique moins importante que la leur, et je crois que jusqu’à il y a quelques semaines j’étais moins dans l’air du temps, peut-être cela changera-t-il? Mais je remémore cette phrase de Kundera: « l’air du temps c’est le destin des feuilles mortes », surtout en automne.

mickey : Le NPA refuse l’idée de gouverner s’il s’agit d’appliquer un programme incompatible avec son orientation, pourquoi posez-vous un préalable inacceptable et contre-productif?

Benoit Hamon : Le problème du NPA aujourd’hui c’est qu’il refuse de gouverner avec les socialistes, ça me semble un peu compliquer d’envisager de faire un trait sur un parti politique qui aux élections pèse entre 20 et 30% de l’électorat. Aujourd’hui, c’est le NPA qui est confronté à sa crise de croissance, bonne chance et bon courage dans la résolution de ces difficultés, moi, j’attends.

Fred Faravel : comment faire comprendre aux socialistes que le besoin du retour de la régulation, c’est vous qui le portez depuis des années, quand les autres hypocrites font semblant de le découvrir depuis quelques semaines ?

Benoit Hamon : Je pense que cette bataille-là est vaine. L’important c’est de retenir que ce sont désormais nos thèses qui sont majoritaires, et de s’assurer que demain elles constitueront la colonnes vertébrale du nouveau parti socialiste.

Même si certaines conversion à la régulation et à la redistribution peuvent paraître suspectes, je retiens qu’il n’existe plus personne aujourd’hui pour défendre le contraire.

Même Sarkozy qui a défendu le système capitaliste et l’idéologie néolibérale depuis le début de sa carrière politique clame que le marché est devenu fou, qui sont les fous?

L’Histoire le dira, en particulier quand ceux qui appellent, comme Sarkozy, le retour de l’Etat, organisent en même temps, le démantèlement de l’hôpital public, le démantèlement des grands services publics, (La poste), ou le démantèlement de l’éducation nationale. appeler au retour de l’Etat en supprimant des dizaines de milliers de fonctionnaires relèvent de l’imposture la plus totale.

Soye : Si vous êtes élu premier secrétaire, j’adhère aussitôt au PS pour apporter ma pierre à l’édifice. En revanche je ne me sens aucune affinité avec DSK, Royal, Delanoé… Dans l’hypothèse d’un échec de « Reconquêtes », est-il envisageable que vous quittiez le PS et fondiez un nouveau parti, basé sur votre motion ?

Benoit Hamon : Merci de ce soutien.

Ce que je souhaite aujourd’hui c’est changer le centre de gravité du parti socialiste, rien ne serait plus déprimant qu’à l’issu d’une prochain congrès on se dise à qu’à l’exception d’un révolution de palais rien n’a changé au parti socialiste. La motion que je défends propose des réponses en raisonnance avec la crise et la brutalité de la société actuelle, elle ne se contente pas de parler de rénovation, mais l’incarne. Je souhaite qu’avec nos arguments et notre engagement, nous parvenions à construire une nouvelle marjorité lors du congrès de Reims, c’est à ce stade la seule et unique échéance.

3 commentaires

  1. fabien

    29 septembre 2008 à 22:11

    A propos de la crise banquière et surtout de l’optimisme de notre ministre de l’économie, peut-être serait-il bon de rappeler aux micros que cette dernière n’est pas forcément la mieux placée pour défendre les intérêts publics puisqu’elle a toujours mis en avant son CV et notamment son brillant passage dans l’un des plus grands cabinets d’avocats d’affaires (Baker Mc Kenzie) dont la principale activité est de faire des fusions-acquisitions.

  2. Valérie

    30 septembre 2008 à 00:11

    Blum: le socialisme, c’est résister et non se résigner

    http://www.dailymotion.com/relevance/search/in%25C3%25A9galit%25C3%25A9s/video/x5e7hk_blum-de-quoi-ne-le-socialisme-1929_news

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