Benoît Hamon - Porte-parole du Parti Socialiste
Benoît Hamon Benoît Hamon

Bloc-notes

GRAVE.

8 octobre 2005

Grave Vous pensiez en avoir vu et entendu beaucoup. Vous vouliez une illustration nouvelle de la détermination des idéologues libéraux et de leurs mandants à la Commission Européenne. Lisez ce qui suit :

« La croissance en zone euro pourrait n’atteindre que 1,2 % en 2005, selon la Commission. Une baisse de 4 % des salaires générerait 1 % de croissance dans la zone euro.

Un nouveau pessimisme souffle sur les prévisions de croissance pour la zone euro. Selon le rapport trimestriel de la Commission européenne, publié hier, la croissance économique de la zone pourrait n’atteindre que 1,2 % en 2005, si elle reste sur son rythme actuel. Jusqu’à présent, la Commission soutenait que la croissance s’élèverait à 1,6 %. Cette nouvelle projection se rapproche des prévisions des autres institutions internationales et des analystes financiers : le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance de 1,2 %, la Banque centrale européenne (BCE) et l’OCDE de 1,3 %. Bruxelles a également revu à la baisse la croissance du premier trimestre, à 0,4 %, contre 0,5 % précédemment.

La Commission estime que le maintien de prix élevés du pétrole fait peser un risque important sur la croissance de la zone euro. Selon le rapport, le maintien d’un prix supérieur à 60 dollars entraînerait "une perte de croissance de 0,4 point de PIB la première année et de 0,2 point la deuxième année". La Commission a profité de l’annonce de ces mauvais chiffres pour réaffirmer l’importance des réformes à conduire. Bruxelles estime notamment que les salaires devraient être revus à la baisse (à hauteur de 3,7 %), afin de gagner 1 % de croissance dans la zone euro.

La Commission prend néanmoins garde d’expliquer que le "choc salarial" initial serait rattrapé en quelques années, grâce aux augmentations autorisées par la croissance retrouvée. Il n’est pas certain, pour autant, qu’une telle politique soit très populaire dans la France post-référendaire ou dans l’Allemagne post-électorale. Le directeur général en charge des affaires économiques, Klaus Regling, souligne pourtant qu’il ne s’agit pas, pour lui, d’une simple hypothèse de travail, mais bel et bien d’un "objectif" que doit se fixer l’Union européenne, ou à tout le moins la zone euro. »

(c) 2005 La Tribune – www.latribune.frhttp://www.latribune.fr.

11 commentaires

  1. Nathalie

    8 octobre 2005 à 13:19

    Encore une fois je tombe des nues. J’imagine mal l’annonce de cette proposition de diminution des salaires de 3.7% en France…
    Benoît, à quand les bonnes nouvelles? Par exemple un score historique de la motion 5 sera le bienvenue ;-) !!!
    Qou qu’il en soit, j’en profite pour te remercier de ton discours à la mutu. Il a touché beaucoup de gens me semble-t’il.

  2. Helder

    9 octobre 2005 à 14:36

    Il faut que j’essaye de trouver une copie de votre « fameux » discours.

  3. Nathalie

    9 octobre 2005 à 15:42

    Ca vaut le coup de le lire oui, mais surtout de l’entendre! Benoît, te serait-il possible de le mettre dans ton blog?

  4. Gilbert Soulet

    10 octobre 2005 à 09:00

    Bonjour Benoit,J’ai toujours pensé que la faiblesse de l’activité économique était la conséquence de la faiblesse du pouvoir d’achat, et qu’il fallait augmenter les salaires pour augmenter la consommation qui à son tour accélèrera la croissance de l’économie!Les échos des manifs du 04 octobre dans l’hexagone ne sont pas encore parvenus à la Commission de Bruxelles;
    Mais ceux du 29 mai non plus! C’est un peu comme pour baisser le chômage, « on » change les règles, et vogue la galère…; Amitiés, Gilbert de Pertuis en Luberon.

  5. thoz

    10 octobre 2005 à 11:31

    Ben,

    mets le doc en ligne, car il faut payer sur le site de la tribune !

  6. Boulgakof

    11 octobre 2005 à 04:00

    Quelques propositions fiscales. Désolé c’est pas un commentaire, mais bon à l’origine je voulais le poster sur DSK: trop de monde, et surtout, c’est pas le sujet.

    - En gros : plus d’impôt !

    - IR : Dividendes taxés de la même manière que les revenus du travail. Donc progressif. Investir intelligemment est un travail comme un autre.

    - Plus-values taxées à 90% si revente dans l’année de l’achat, 80% si l’année suivante, etc. Un investissement intelligent accepte la part de risque liée au temps et est corrélé à l’activité réelle d’une société, et donc des travailleurs. Le régime actuel des plus et moins values est ultra-compliqué et peu incitatif au risque du long-terme.

    - Base ISF : intégration de la valeur des actions ou parts au prix d’achat, quelque soit la valeur. C’est un talent rare que celui de savoir prédire l’avenir. Ceux qui sont doués sont un trésor pour l’économie. Quant à ceux dont la valeur des titres a baissé, tant pis pour eux, ils sont suffisamment riches pour assumer de s’être trompé. S’il ne sont pas contents, ils n’ont qu’à vendre, et seront imposés sur cette valeur !

    - TVA progressive selon le type de bien. Bien de base : faible TVA, bien luxueux, forte TVA.
    Définition du luxe à établir. Je dois avouer que j’ai bien quelques idées pour établir une grille assez simple pour être appliquée, mais cela est plus une histoire de politique que d’économie.

    - Personnellement, étant écolonomiste quasi intégriste, j’augmenterai encore les taxes sur les carburants (hors transports en commun) . L’opinion publique étant ce qu’elle est… pour ce qui est des zones dont la densité est insuffisante pour les transports en commun, il faudrait investir dans des bornes à triporteurs-rickshaws 4Temps ou électriques (rapide, maniable et surtout très peu gourmand en énergie). Fin de l’aparté non fiscale.

    - Enfin, une question que je me pose depuis très longtemps : quelle est l’utilité de l’impôt sur les sociétés (IS) ? Une entreprise c’est, pour moi, des gens qui travaillent ensemble (des salariés), avec un outil fourni par d’autres gens (des actionnaires), pour produire de la richesse. Si ça marche bien, normalement, on sort un résultat. Ca veut dire que les consommateurs sont contents (sauf si bien sûr il y a extorsion : service bancaires, téléphonie…ou abus de position dominante : Microsoft, certains plombiers… ) bref que la richesse produite est vendue à un prix acceptable et que la qualité de l’organisation permet de dégager un profit. Pourquoi alors on ne laisse pas l’argent dans l’entreprise, pour qu’il lui permette de grandir, puisqu’elle est si bien organisée et qu’elle produit de la richesse ?
    Si une entreprise a une personnalité (juridique), je n’ai pourtant jamais serré la main d’aucune. Je n’ ai jamais vu d’entreprise manger du caviar, en méprisant ses sœurs qui doivent se contenter de pain rassît. Par contre j’ai déjà entendu des propriétaires vivant dans 300 m² mépriser des locataires de HLM.
    Ensuite, j’ai l’impression qu’une énergie pas croyable est dédiée, dans les services comptables, à présenter un bilan fiscalement intéressant (lissage artificiel du résultat).
    Donc, dans ma vision, l’IS est stupide et devrait égal à zéro. En plus, une entreprise, c’est des gens ensemble, et ça m’emmerde de voir quelque chose qui est collectif être attaqué par certains gens qui se disent de gauche. Plutôt que de taxer les profits, il faut taxer ceux qui profitent trop des profits (voir propositions précédentes) !

    PS : quand j’écris « organisation de qualité », c’est bien sur dans les limites du droit du travail et dans le respect des individus.

    PS 2 : qui a une bonne définition du « prix acceptable » à me donner ?

  7. Boulgakof

    11 octobre 2005 à 04:26

    Un commentaire quand même: c’est vrai que les gens qui ont écrit ça sont des gros porcs. S’il y a un revenu à baisser si ça va mal en ce moment, ce ne sont pas les revenus du travail, mais ceux du capital. Baisser les salaires donnerait surement un appel d’air aux entreprises. Mais on ne peut pas dire que les profits, en ce moment, soit vraiment réinvestis dans des moyens permettant de favoriser la croissance… Si encore on avait la certitude que cette baisse de salaire était entièrement dédiée à la recherche et développement, ou à l’investissement réel en général, cela pourrait presque être justifié… On en est pas encore là, je crois.
    Sinon, une petite remarque: pourquoi faire plaisir à ces salopards en utilisant le terme d’idéologue « libéral ». Il n’ont pas le monopole de la réflexion sur la liberté! C’est vrai que c’est pas tendance d’utiliser ce terme (par ta faute Arlette), mais je préfère « idéologue ultracapitaliste ».

  8. Geoffroy

    12 octobre 2005 à 17:17

    Cet objectif de la commission de faire baisser les salaires est non seulement révélateur de l’étroitesse d’esprit des technocrates qui se les fixent sans aucun mandat démocratique, mais aussi témoigne de l’incompétence et de l’inconséquence croissante d’une europe dirigée sans véritable pilote politique.

    A l’inverse de cette vision malthusienne de l’économie, devant les déséquilibres croissants au niveau mondial, l’une des autorités mondialement reconnue en termes de macroéco, le Pr Nouriel Roubini, de la Stern University NY, indiquait cette semaine que le risque de crise majeure va continuer de croitre en 2006 sauf si les 3 principaux acteurs (Europe, Asie (Japon+Chine), US) agissent de manière coordonnée :

    « – US fiscal restraint (“expenditure reduction”)
    – China and Asian exchange rate adjustment
    (“expenditure switching”)
    – Acceleration of structural reform in Japan and
    Europe (plus macro/monetary stimulus in EU)
    that increase growth and their imports
    (“expenditure increase”) »

    Oui, vous avez bien lu les réformes structurelles qui sont préconisées à l’Europe relèvent de la stimulation macroéconomique et monétaire, et de l’accroissement des dépenses et de la consommation…pas de la modération salariale ni de la « baise des salaires » donc.

    Exactement l’inverse de ce que font Trichet et sa clique. Benoit, si tu veux interpeller l’ECB et à la commission sur les positions de Roubini la publication source est sur son blog : http://www.rgemonitor.com/redir.php?sid=1&tgid=10000&cid=104235 .

    Pour info ce bon Pr Roubini a fait un tour récemment sur le vieux continent à l’invitation d’industriels européens du pétrole : ce qu’il dit semble écouté dans le cercle avisé de ceux qui ont du pognon…

  9. Geoffroy

    12 octobre 2005 à 17:19

    Cet objectif de la commission de faire baisser les salaires est non seulement révélateur de l’étroitesse d’esprit des technocrates qui se les fixent sans aucun mandat démocratique, mais aussi témoigne de l’incompétence et de l’inconséquence croissante d’une europe dirigée sans véritable pilote politique.

    A l’inverse de cette vision malthusienne de l’économie, devant les déséquilibres croissants au niveau mondial, l’une des autorités mondialement reconnue en termes de macroéco, le Pr Nouriel Roubini, de la Stern University NY, indiquait cette semaine que le risque de crise majeure va continuer de croitre en 2006 sauf si les 3 principaux acteurs (Europe, Asie (Japon+Chine), US) agissent de manière coordonnée :

    « – US fiscal restraint (“expenditure reduction”)
    – China and Asian exchange rate adjustment
    (“expenditure switching”)
    – Acceleration of structural reform in Japan and
    Europe (plus macro/monetary stimulus in EU)
    that increase growth and their imports
    (“expenditure increase”) »

    Oui, vous avez bien lu les réformes structurelles qui sont préconisées à l’Europe relèvent de la stimulation macroéconomique et monétaire, et de l’accroissement des dépenses et de la consommation…pas de la modération salariale ni de la « baise des salaires » donc.

    Exactement l’inverse de ce que font Trichet et sa clique. Benoit, si tu veux interpeller l’ECB et à la commission sur les positions de Roubini la publication source est sur son blog : http://www.rgemonitor.com/redir.php?sid=1&tgid=10000&cid=104235 .

    Pour info ce bon Pr Roubini a fait un tour récemment sur le vieux continent à l’invitation d’industriels européens du pétrole : ce qu’il dit semble écouté dans le cercle avisé de ceux qui ont du pognon…

  10. Garibaldo

    21 octobre 2005 à 17:07

    Eh oui, tout le reste n’est que pipeau: nouveau contrat d’embauche, taux de chômage, temps de travail, délocalisations, directive Bolkeinstein,… La seule préoccupation est de faire baisser encore et toujours le coût du travail pour que les fonds d’investissements et les gros financiers s’engraissent toujours davantage.

  11. egdltp

    25 octobre 2005 à 15:33

    A vrai dire une baisse des salaires de 4%, c’est en fait une baisse de la masse salariale de 4%. Combien représente la masse salariale des top 100 des salaires de chaque grande enteprise ? Si on faisait une baisse non pas uniforme mais progressive en fonction du salaire : 0 jusqu’à 3 SMIC, puis 4% de 3 SMIC à 6 SMIC, puis 8% de 6 à 9 etc…
    Quelqu’un qui gagne en 1 mois ce que d’autres gagnent en un an verrait son salaire amputé de 16% soit deux mois de salaire, sot ce que d’autres ont pour vivre pendant 2 ANS.
    Je pense qu’avec cette simple progression arithmétique, on aurait le gain voulu par les « cranes d’oeuf »…

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